Qu’est-ce que la misophonie ? Le guide complet

Qu’est-ce que la misophonie ? Le guide complet

Rappelons-le : l’audition, c’est la réception et la perception des sons. La façon dont nous percevons ces sons ne dépend que de nous. Dans certains cas, la perception de cette magnifique chanson qui vous rappelle un merveilleux souvenir peut être éclipsée aussi facilement qu’une chanson agaçante qui suscite une émotion négative.Il existe de nombreuses techniques pour réapprendre à gérer ou à éviter ces émotions négatives lorsque nous entendons des sons qui nous déplaisent.

Pour la grande majorité des gens, l’audition est un sens qui enrichit la vie. Entendre les oiseaux chanter au petit matin, écouter le premier mot d’un bébé ou simplement pouvoir parler avec ceux qu’on aime : autant de moments où le sens de l’ouïe occupe le devant de la scène.

Si l’audition apporte souvent beaucoup à votre quotidien, il arrive que certaines personnes la perçoivent comme agaçante, voire exaspérante.

Voici un tour d’horizon de ce qu’est la misophonie, de la façon dont on la traite et de son impact sur votre vie quotidienne.

Qu’est-ce que la misophonie ?

La misophonie est un trouble caractérisé par une forte réaction négative à un son particulier. Cette réaction intense prend généralement la forme de colère ou de dégoût, alors même que le son n’est associé à aucun événement particulièrement désagréable.

Un déclencheur courant de la misophonie est par exemple le bruit de mastication. Si entendre quelqu’un mâcher bruyamment peut évidemment déplaire à tout le monde, les personnes misophones ont bien plus de risques de réagir de façon émotionnellement disproportionnée qu’une personne lambda.

Voici un examen détaillé des spécificités de la misophonie et de tout ce qu’il faut savoir sur ce qu’elle est… et sur ce qu’elle n’est pas.

Trouble psychologique ou audiologique ?

L’un des sujets de débat les plus vifs concerne la discipline médicale à laquelle rattacher la misophonie. Les tendances actuelles semblent indiquer qu’elle est avant tout psychologique et que c’est à la psychologie de la prendre en charge.

En 2013, un groupe de chercheurs d’Amsterdam a d’ailleurs présenté des travaux plaidant pour que la misophonie soit classée comme un trouble psychologique à part entière, afin d’aider davantage de personnes à obtenir la prise en charge dont elles ont besoin.

Cette classification est assez cohérente avec la nature du trouble puisque, à l’heure actuelle, les seuls traitements disponibles reposent sur des thérapies visant à mieux gérer les réactions automatiques aux stimuli extérieurs, tout en rééduquant l’esprit.

La réalité, c’est que de nombreux troubles auditifs recoupent la psychologie. Des affections audiologiques comme les acouphènes peuvent être efficacement traitées par une psychothérapie appelée thérapie cognitivo-comportementale. Cette interaction illustre l’approche pluridisciplinaire de la médecine : patients comme pathologies gagnent à être envisagés sous plusieurs angles.

Misophonie et hyperacousie

Un trouble fréquemment confondu avec la misophonie est l’hyperacousie. L’hyperacousie se caractérise par le fait de percevoir un son normal comme plus fort qu’il ne l’est réellement, au point parfois d’être insupportable ou douloureux.

Contrairement à la misophonie, l’hyperacousie n’a rien à voir avec une réaction émotionnelle : il s’agit simplement d’une hypersensibilité aux stimuli sonores.

Bien que distincte de la misophonie, l’hyperacousie appartient elle aussi à la catégorie des hypersensibilités au son. La différence clé tient au fait que la misophonie concerne un son précis qui déclenche une réaction émotionnelle, tandis que l’hyperacousie est indiscriminée et relève surtout d’une réponse physiologique d’inconfort et de douleur.

Quel impact la misophonie peut-elle avoir au quotidien ?

La misophonie a beau sembler un trouble assez circonscrit, cela ne signifie pas qu’elle est sans conséquence sur votre vie de tous les jours. Les réactions qu’elle provoque peuvent être totalement démesurées et créer une détresse chez la personne concernée, comme chez son entourage.

Voici quelques-unes des façons dont la misophonie peut peser sur votre bien-être général.

Les conduites d’évitement

L’un des effets les plus marquants de troubles comme la misophonie, ce sont les conduites d’évitement. Elles consistent à tout faire pour fuir ou éviter une situation dans laquelle on risquerait de ressentir ou de vivre quelque chose de négatif.

Beaucoup de personnes misophones font des détours considérables pour éviter les situations où le son déclencheur risque d’apparaître. Par exemple, décliner un dîner ou un repas avec des amis et de la famille si le bruit de mastication est un déclencheur.

Le plus triste dans ces conduites d’évitement, c’est qu’elles privent la personne de moments d’échange social, de souvenirs à créer et de relations à renforcer.

Une anxiété accrue

Autre conséquence possible de la misophonie : une anxiété accrue. Si le son lui-même suscite une émotion négative, la simple pensée de ce son peut provoquer de l’anxiété et laisser la personne plus inquiète et plus tendue.

Du point de vue du bien-être, l’anxiété peut sérieusement réduire votre capacité à profiter pleinement de la vie. Quand vous êtes anxieux, votre organisme produit des hormones de stress qui accélèrent le rythme cardiaque, augmentent la respiration et amplifient d’autres sensations de malaise.

Le prix payé par les relations

La misophonie a indéniablement un impact sur votre quotidien, mais aussi sur celui de vos proches. Imaginez : vous êtes au restaurant en famille lorsque votre conjoint se met à mâcher trop bruyamment, et vous lui répondez sèchement sans même y penser.

Les déclencheurs de la misophonie varient d’une personne à l’autre, mais quel que soit le déclencheur, ils peuvent mettre les relations à rude épreuve.

Comment diagnostique-t-on la misophonie ?

De nombreux professionnels de santé peuvent diagnostiquer la misophonie, mais la manière exacte dont le diagnostic est posé dépend en général du professionnel que vous consultez.

Du point de vue d’un audioprothésiste, la misophonie se diagnostique un peu par élimination. On réalise généralement un test de tolérance aux sons afin de déterminer si vous souffrez d’hyperacousie.

Si le test ne va pas dans le sens d’une hyperacousie et que votre bilan auditif est normal, mais que vous réagissez toujours à un son précis, la misophonie devient le diagnostic le plus probable.

Pour un psychologue, il n’existe pas à ce jour de véritable procédure formelle de diagnostic de la misophonie ; il écartera généralement d’autres troubles comme le TOC ou l’anxiété généralisée avant de conclure à une misophonie.

Comment traite-t-on la misophonie ?

La misophonie prend des formes très différentes d’une personne à l’autre. Là où l’une éprouvera un dégoût extrême face aux bruits de mastication, une autre s’énervera au bruit de quelqu’un qui aspire sa boisson. Malgré cette grande variété de manifestations, le mécanisme sous-jacent reste le même.

La misophonie est principalement causée par une réponse émotionnelle automatique à un déclencheur précis. Rééduquer son esprit pour ne plus associer d’émotions négatives à un son donné peut être difficile. Avec le temps, il est toutefois possible de progresser et de se rapprocher d’une vie normale, sans évitement ni anxiété à l’idée de croiser son déclencheur.

Voici un aperçu des différentes façons dont la misophonie peut être traitée. Selon les personnes et les cas, un traitement pourra se révéler plus efficace qu’un autre.

Accompagnement psychologique et thérapie de groupe

Un excellent moyen de trouver du soulagement consiste à parler de son trouble avec d’autres, et notamment avec des personnes confrontées aux mêmes difficultés. Disposer d’un espace pour évoquer ses problèmes et leur impact sur l’entourage peut être extrêmement utile et thérapeutique.

La thérapie de groupe et l’accompagnement psychologique aident à sentir que ce que l’on vit est bien réel et que d’autres comprennent ce que c’est.

La thérapie de groupe est un mode de traitement efficace pour plusieurs troubles, et elle peut être bénéfique aux personnes misophones.

La thérapie cognitivo-comportementale

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est largement considérée comme le traitement de référence de la misophonie, car elle s’attaque au cœur du problème — les pensées intrusives liées à la misophonie — et travaille à les réduire.

Avec la TCC appliquée à la misophonie, l’objectif est de repérer les schémas dans lesquels vous tombez régulièrement et de chercher à les interrompre. Imaginons que le bruit de pas traînants soit votre déclencheur : avec la TCC, vous entendez ce bruit, mais au lieu de passer aussitôt à la colère, vous travaillez à transformer votre réaction automatique en une réaction neutre ou positive.

La TCC peut prendre du temps, mais elle permet souvent d’obtenir un soulagement et de mener une vie normale.

Conclusion

En résumé, la misophonie est un trouble marqué par une réaction fortement disproportionnée à un son précis. Ces sons déclencheurs peuvent provoquer des émotions et des pensées négatives bien réelles, susceptibles de dégrader votre qualité de vie si elles ne sont pas prises en charge correctement.

En comprenant ce qu’est la misophonie, comment on la diagnostique et quelles options thérapeutiques existent, vous pourrez prendre des décisions plus éclairées concernant votre santé.

Chez CLARIA, nous croyons qu’il faut aider les gens à avancer et à devenir leurs meilleurs défenseurs. En proposant des aides auditives à prix raisonnable, CLARIA redonne le pouvoir aux personnes concernées et leur permet d’accéder à un accompagnement qu’elles n’auraient sinon pas les moyens de s’offrir.

Sources :

What is Cognitive Behavioral Therapy? | APA

Information Avoidance Tendencies, Threat Management Resources, and Interest in Genetic Sequencing Feedback | Oxford

Misophonia: Diagnostic Criteria for a New Psychiatric Disorder | PLOS

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